L’idée en une phrase
Choisis un pourcentage, ajoute un plafond, puis révise rarement — pour que donner reste un geste calme, pas une décision à refaire chaque semaine.
Le frottement
Donner, c’est souvent deux choses en même temps : un élan du cœur et une mini-négociation mentale.
- “Je donne combien ?”
- “Est-ce que je devrais donner plus ?”
- “Et si un imprévu arrive ?”
- “Je donne maintenant, ou j’attends ?”
Quand tu es fatigué·e, ce genre de questions se transforme vite en blocage (on ne fait rien) ou en décision impulsive (puis doute après). Le problème n’est pas ta générosité. C’est que la décision n’a pas de rails.
Le petit nudge (un seul)
Remplace “combien je donne aujourd’hui ?” par un système en trois pièces :
- Un pourcentage par défaut (pour l’automatique)
- Un plafond (pour la sécurité)
- Une révision programmée (pour la paix)
Ça suffit pour enlever une étape : tu n’as plus à re-décider à chaque fois.
Pick your version (choisis ta version)
Version douce (fatigue élevée)
- Pourcentage : petit et facile à tenir, même les mois “bof”.
- Plafond : bas, pour te sentir en sécurité.
- Révision : rarement (une ou deux fois par an).
Cette version dit : “Je veux donner sans me mettre la pression.”
Version stable (rythme normal)
- Pourcentage : confortable et régulier.
- Plafond : moyen, pour absorber les sollicitations.
- Révision : à date fixe, simple.
Cette version dit : “Je veux que ce soit prévisible.”
Version généreuse mais cadrée (élan fort, stress possible)
- Pourcentage : plus ambitieux.
- Plafond : strict, pour éviter les excès.
- Révision : programmée, surtout après un changement (revenu, charges).
Cette version dit : “Je veux donner plus, sans me cramer.”
Tu n’as pas besoin de “la bonne” version. Tu as besoin d’une version qui tient les jours moyens.
Comment choisir ton pourcentage (sans te perdre)
Plutôt que de chercher un chiffre parfait, utilise ce principe :
Le bon pourcentage est celui qui ne déclenche pas de débat intérieur chaque mois.
Une façon simple de le trouver :
- Pense à un mois normal.
- Imagine le don déjà parti.
- Est-ce que tu te dis : “Ok, c’est aligné” ? Ou “Ouch, ça pique” ?
Choisis le niveau où tu ressens un petit oui, pas un grand effort.
Le plafond : la ceinture de sécurité (et la fin de la culpabilité)
Le plafond sert à une chose : éviter le scénario “trop donné → regret → arrêt total”.
Tu peux le voir comme une règle d’équipe avec toi-même :
- Le pourcentage gère l’automatique.
- Le plafond protège les imprévus.
- Ensemble, ils transforment “je devrais” en “j’ai déjà prévu”.
Petit script (si tu reçois une sollicitation)
“Merci de penser à moi. Mon budget de dons est déjà fixé, donc je ne peux pas ajouter maintenant.”
Tu n’expliques pas. Tu n’argumentes pas. Tu suis ton système.
La révision : “check une fois”, pas “recalcule tout le temps”
Le piège classique, c’est de réviser en continu, au gré des émotions. À la place : une date fixe.
Choisis un déclencheur simple, par exemple :
- au début d’une saison,
- après un changement de situation,
- ou à un moment de routine (même période chaque année).
Pendant la révision, garde ça minimal :
- Est-ce que mon pourcentage est toujours facile ?
- Est-ce que mon plafond est toujours rassurant ?
- Est-ce que je préfère plus d’automatique ou plus de ponctuel ?
Si la réponse est “je ne sais pas”, ne change rien. La stabilité vaut souvent mieux qu’un réglage nerveux.
Mini plan If–Then (si-alors)
- Si je reçois une demande imprévue, alors je la mets dans “à revoir à la prochaine révision”, pas “à décider maintenant”.
- Si je ressens de la culpabilité, alors je relis ma règle : pourcentage + plafond = plan déjà généreux.
- Si je rate un mois, alors je reprends le mois suivant sans “rattrapage” automatique.
Ces “si-alors” te protègent des journées où tu n’as plus d’énergie de décision.
Un petit flowchart (pour les jours flous)
Demande de don arrive ?
|
v
As-tu déjà ton don automatique ?
| |
non oui
| |
Fixe % + plafond Budget déjà prévu
(une fois) |
| v
v Est-ce dans le plafond ?
| |
oui non
| |
v v
Don possible Report à la révision
sans débat (ou non, sans expliquer)
Pourquoi ça marche (sans volonté héroïque)
- Tu fais une décision (le réglage), puis tu récoltes la tranquillité.
- Tu remplaces le “au feeling” par un cadre qui respecte tes limites.
- Tu évites le cycle “élan → excès → regret”.
Et surtout : ton système te permet d’être une personne qui donne… même quand tu es fatigué·e.
Que faire si ça ne marche pas
Si tu sens que tu n’arrives pas à tenir ton pourcentage (ou que ça t’angoisse), passe temporairement à la version la plus simple :
- Garde un plafond très bas.
- Remplace le pourcentage par une règle encore plus légère : donner seulement quand c’est automatique et déjà prévu.
- Reviens à la révision à date fixe plus tard, quand tu auras plus d’air.
L’objectif n’est pas de “faire mieux”. L’objectif, c’est de rendre le don possible, régulier, et sans charge mentale.

