Deux loyers à payer ? Plan budget de chevauchement

Author Jules

Jules

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La première fois que je réalise que je vais payer deux loyers en même temps, j’ai ce rire nerveux très particulier : celui qui dit « ok, ça va être sportif ». Sur l’écran, deux prélèvements mensuels se regardent en chiens de faïence, et moi je me dis : soit je deviens soudainement un génie de l’organisation, soit je vais manger des pâtes par principe, pas par plaisir.

Tout commence de façon banale : un nouvel appart se libère plus tôt que prévu. Sur le papier, c’est une bonne nouvelle. Dans la vraie vie, ça veut dire : nouveau bail qui démarre alors que l’ancien n’est pas terminé, une caution à avancer, des frais qui se glissent partout (cartons, dépôt, petites réparations), et une timeline qui ressemble à un Tetris malveillant.

Le piège, c’est qu’on pense « c’est temporaire ». Et comme c’est temporaire, on le traite comme une exception. Donc on ne le budgète pas vraiment. On le sent venir, mais on se dit qu’on improvisera. Moi, j’improvise souvent — mais là, j’ai un cerveau de designer : si je ne mets pas un cadre, je passe mon temps à bouger les mêmes éléments en espérant un résultat différent.

Ce qui fait monter la tension, c’est le décalage entre le calendrier et la réalité. Les loyers, eux, ne s’adaptent pas à ton déménagement. Ils tombent, ponctuels, sans état d’âme. Et pendant ce temps, ton budget doit aussi absorber tout le reste : les courses, les transports, les abonnements, la vie normale. À ce moment-là, je ne cherche pas à être « parfait ». Je cherche à éviter l’erreur classique : combler un trou de trésorerie avec des solutions qui créent un trou plus grand le mois suivant.

Alors je me fais un plan simple, en trois colonnes et deux règles. Pas un chef-d’œuvre Excel. Un plan de survie élégant.

Le plan de chevauchement (simple et respirable)

1) Je fixe une période de chevauchement, clairement.
Je prends une feuille (ou une note) et j’écris : « chevauchement : de telle date à telle date ». Ce détail est important : ça transforme une peur floue en problème borné. Un chevauchement sans date de fin, c’est un film d’angoisse. Avec une date de fin, c’est un mini-projet.

2) Je sépare “loyers” du reste, comme deux budgets différents.
Pendant l’overlap, je considère que je vis avec deux gros cailloux dans ma chaussure. Donc je crée deux enveloppes mentales :

  • Budget Loyer Overlap : uniquement l’ancien + le nouveau loyer, plus les charges fixes liées au logement si elles se doublent.
  • Budget Vie : tout le reste, qui doit rester réaliste (pas héroïque).

Règle n°1 : les loyers passent avant l’optimisation.
Je peux réduire des dépenses variables, pas négocier la date d’un prélèvement.

3) Je choisis un “niveau de vie temporaire”, sans drama.
Je décide à l’avance ce que je coupe temporairement. Pas parce que je me punis, mais parce que je choisis la simplicité. Pour moi, ça ressemble à : moins de repas pris dehors, achats “plaisir” mis en pause, et surtout zéro achat d’équipement pour le nouvel appart tant que l’ancien n’est pas officiellement terminé. Le canapé parfait peut attendre. Mon sommeil, non.

4) Je prévois un coussin, parce que la vie adore les surprises.
Même sans chiffres précis, je sais que déménager déclenche des “petits” coûts qui s’additionnent. Je me donne un coussin équivalent à “un week-end qui dérape” ou “quelques courses plus chères que prévu”. Ce coussin n’est pas là pour être joli : il est là pour éviter le réflexe de panique.

5) Je me mets un tableau de bord ultra simple avec Monee.
C’est le moment où je deviens curieux de mes propres patterns. Pas moralisateur, juste curieux : qu’est-ce qui gonfle quand je suis stressé ? Spoiler : les petites dépenses qui « ne comptent pas ». Les voir s’empiler change ma façon de décider, parce que soudain ce n’est plus un ressenti, c’est une tendance. Et une tendance, ça se pilote.

Ce qui se passe ensuite (et ce que j’apprends)

Avec ce plan, je ne “gagne” pas magiquement de l’argent. Je gagne de la clarté. Le mois de chevauchement ressemble toujours à une marche rapide sous la pluie : tu avances, tu te mouilles un peu, mais tu sais où tu vas.

Surtout, je remarque un truc : le stress vient moins du fait de payer deux loyers que de ne pas savoir ce que ça implique pour le reste. Quand je sépare les enveloppes et que je choisis un niveau de vie temporaire, je récupère le volant. Je peux dire non à une dépense sans avoir l’impression de dire non à la vie. Je dis juste : « pas pendant l’overlap ».

Et quand tout se termine — le jour où l’ancien appart est rendu, clés déposées, état des lieux derrière moi — je ressens un soulagement très concret : pas un “ouf” romantique. Un “ouf” administratif. Celui d’avoir traversé une période intense sans me raconter d’histoires.

Ce que je ferais différemment la prochaine fois

Je lancerais le plan plus tôt. J’attendrais moins le premier prélèvement pour me comporter comme si l’overlap existait déjà. Et je budgéterais aussi l’énergie mentale : déménager, c’est un sport. Si je me mets une discipline trop stricte sur tout, je craque sur n’importe quoi. Mieux vaut un plan simple que je tiens, qu’un plan brillant que j’abandonne au milieu des cartons.

5 idées pratiques à retenir

  • Définir une date de fin transforme l’angoisse en projet.
  • Séparer “loyers overlap” et “vie” évite de tout mélanger dans la panique.
  • Choisir un niveau de vie temporaire protège les décisions du quotidien.
  • Prévoir un coussin réduit le risque de solutions coûteuses le mois suivant.
  • Suivre ses dépenses (sans jugement) aide à repérer les automatismes de stress.

Si tu es dans cette situation, il y a quelques options qui existent, sans héroïsme : réduire volontairement le chevauchement quand c’est possible, simplifier temporairement le quotidien, ou accepter une période plus “serrée” mais cadrée, avec une fin visible. L’important, c’est que ce soit un choix conscient — pas une surprise qui pilote ton mois à ta place.

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