Marque nationale ou marque distributeur ? Un test budget tout simple

Author Jules

Jules

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Je suis debout dans l’allée des pâtes, lumière blanche de supermarché, musique qui hésite entre “playlist d’ascenseur” et “tube d’été recyclé”. Dans ma main gauche, la marque nationale, emballage impeccable, promesse implicite de dimanche réussi. Dans ma main droite, la marque distributeur, sobre, presque timide, comme si elle s’excusait d’exister.

Et là, mon cerveau fait un truc très humain : il invente une histoire.

La marque nationale, c’est “je prends soin de moi”. La marque distributeur, c’est “je rogne, je me prive, je deviens une version austère de moi-même”. Ce qui est absurde, parce qu’on parle de pâtes. Pas d’un choix de vie. Mais bon : mon esprit adore donner une personnalité à des objets.

Je mets les deux dans le panier. Pas par stratégie. Plutôt par curiosité contrariée. Comme si je voulais attraper mon propre jugement au vol.

Sur le chemin du retour, je repense à une règle que j’applique parfois sans le dire : je ne suis pas obligé de choisir “la meilleure option” en permanence. Je dois choisir l’option qui me rend serein sur la durée. Et c’est là que l’idée du test se forme : un test de budget simple, pas un débat philosophique sur la sauce tomate.

Le soir même, je décide de faire l’expérience sur une semaine, comme un mini-projet de designer : observation, prototype, itération. Pas besoin de chiffres précis. Juste une question : quand est-ce que la marque “compte” vraiment pour moi ?

Le test : un panier mixte, mais intentionnel

Je me donne trois règles, très faciles à suivre, même avec un cerveau fatigué.

  1. Je choisis la marque nationale seulement si je peux expliquer pourquoi (goût, texture, ingrédient, plaisir réel, pas “par habitude”).
  2. Je prends la marque distributeur pour tout le reste, surtout les produits “invisibles” : ceux qui servent de base, qui disparaissent dans une recette, ou dont je ne remarque même pas la différence.
  3. Je note juste une chose après chaque course : est-ce que je me sens frustré ou soulagé ? Pas de tableur héroïque. Juste un ressenti.

Et parce que je suis moi, je me dis : “Allez, on va quand même regarder les patterns.” J’ouvre Monee, pas pour me flageller, mais pour observer mes automatismes. Je ne cherche pas à “dépenser moins”. Je cherche à comprendre où je dépense sans m’en rendre compte.

La tension : je veux économiser… sans avoir l’impression de me faire une morale

Le premier piège arrive dès le deuxième jour.

Je fais un café, je prends un yaourt, je croque, et je me dis : “Ah. Ça, je le sens.” Pas dans le sens dramatique. Dans le sens : la version marque nationale a ce petit truc de texture qui me fait sourire bêtement. Et je réalise un truc un peu gênant : je suis prêt à payer plus pour… un sourire de deux secondes.

Sauf que je ne veux pas transformer ça en règle. Je ne veux pas devenir la personne qui justifie tout par “petit plaisir”. J’ai déjà donné.

Alors je me pose une question plus honnête : est-ce que ce plaisir revient souvent, ou est-ce juste une nouveauté ? Si c’est un plaisir régulier, OK. Si c’est un “frisson de packaging”, je peux probablement m’en passer.

Le deuxième piège, c’est l’ego.

Je prends une sauce tomate “premium” parce que l’étiquette ressemble à un magazine de design. Et là, je me surprends à penser : “Celle-ci, c’est moi.” Vraiment, Jules ? Une sauce tomate comme extension de personnalité ? Cologne m’a peut-être un peu trop habitué aux concepts.

Je rentre, je cuisine, c’est bon… mais pas “magique”. Le genre de bon qui ne change rien à ma soirée. Le lendemain, en regardant ma catégorie “courses” dans Monee, je vois surtout la répétition : ces petits choix “premium” s’empilent, silencieux. Pas un gros craquage. Une série de micro-décisions qui, ensemble, finissent par ressembler à un budget qui gonfle “sans raison”.

Ce qui se passe : je découvre mes trois catégories de produits

Au bout d’une semaine, le test m’a donné une grille simple. Pas parfaite, mais utile.

1) Les “non négociables”

Ce sont les produits où la marque change vraiment mon expérience : goût, texture, digestion, ou plaisir clair. Je les repère facilement parce que je les remarque tout de suite. Et surtout : je ne culpabilise pas. Je les choisis parce qu’ils me servent.

2) Les “invisibles”

Tout ce qui sert de base : farine, légumineuses, riz, certains produits de ménage… Là, la marque a rarement un impact sur mon quotidien. La marque distributeur fait le travail, et je ne ressens aucune frustration. C’est même l’inverse : je me sens efficace.

3) Les “faux luxes”

Ceux-là sont sournois. Ce sont les produits où je paie surtout pour une histoire : une typographie, une promesse floue, une impression de “je fais mieux”. Parfois c’est bon, parfois c’est pareil. Mais dans tous les cas, ça ne mérite pas une place automatique dans mon panier.

Le truc étonnant, c’est l’émotion : je me sens plus léger. Pas parce que j’ai “optimisé”. Parce que j’ai arrêté de décider au hasard. Mon budget devient une expression de choix, pas un brouillard.

Ce que je ferais différemment

Je ne ferais pas ce test en mode “privation”. La première fois que j’ai essayé d’être ultra strict, j’ai fini par me venger sur un achat inutile le week-end, comme si mon cerveau réclamait une compensation.

Je le ferais comme une expérience douce : répéter, observer, ajuster. Et surtout, je ne testerais pas tout en même temps. Un rayon par semaine, c’est déjà largement suffisant.

Mes 5 takeaways pratiques

  • Choisis la marque nationale seulement si tu peux dire en une phrase ce qu’elle t’apporte (goût, confort, qualité mesurable).
  • Mets la marque distributeur par défaut sur les produits “invisibles” : ceux qui ne changent pas ton plaisir.
  • Repère les “faux luxes” : quand tu paies surtout pour une histoire, pas pour un résultat.
  • Après les courses, note ton ressenti (frustré ou soulagé) : c’est plus fiable qu’une règle rigide.
  • Regarde tes catégories de dépenses pour identifier les répétitions : ce sont les habitudes, pas les exceptions, qui font la différence.

Si tu es dans cette situation, tu as plusieurs options : garder un petit “non négociable” qui te fait vraiment plaisir, basculer les bases en marque distributeur, ou faire un test sur une semaine juste pour voir ce qui change—dans ton panier et dans ta tête.

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