Il y a un moment très précis que je reconnais tout de suite : tu ouvres le frigo, tu le fixes… et ton cerveau se met en mode écran noir. Tu n’as pas faim “de cuisine”, tu as faim de repos. Et c’est souvent là que le stress du budget débarque aussi, comme un petit coup de pression en plus.
Alors voilà la promesse, simple : tu n’as pas besoin de “mieux t’organiser” ni de te transformer en personne qui meal-prep le dimanche. Tu as juste besoin d’un plan B. Un filet de sécurité. Un truc qui te nourrit quand tu n’as plus de batterie — sans te laisser avec cette culpabilité collante après.
Le vrai problème, ce n’est pas la flemme
Quand tu es trop fatigué·e pour cuisiner, ce qui coûte cher, ce n’est pas seulement le repas. C’est la fatigue décisionnelle.
- “Qu’est-ce que je mange ?”
- “Est-ce que ça vaut le coup ?”
- “Est-ce que je vais encore regretter ?”
- “Pourquoi je n’arrive pas à faire simple ?”
Je l’ai vécu : les jours où je ne pouvais même pas ouvrir l’appli de ma banque, je n’allais clairement pas couper des légumes. Et plus je me jugeais, plus je fuyais, plus je finissais par choisir le truc “vite fait” au dernier moment, quand j’étais déjà à bout. C’est ce dernier moment qui fait mal (au moral et au budget).
Le plan B, c’est juste une façon de te sauver de ce dernier moment.
Ton plan B économique : “manger sans réfléchir”
L’idée, c’est de préparer des options acceptables, pas parfaites. Des repas qui te donnent un minimum de confort, avec un minimum d’effort.
Imagine une règle douce : si je suis trop fatigué·e, je choisis dans la liste secours, point.
1) Choisis 3 repas “secours” que tu tolères même épuisé·e
Pas besoin de recettes. Juste des combinaisons.
Quelques exemples (adapte selon tes goûts) :
- Pâtes + sauce simple (un bocal, ou un truc que tu as déjà) + un ajout facile (thon, pois chiches, œufs, fromage…)
- Riz/semoule + un truc protéiné rapide + un légume “sans découpe” (surgelé, en conserve, crudités déjà prêtes si ça t’aide)
- Soupe + tartines/œufs + un fruit
- Tortillas/wraps + ce qu’il y a (reste de poulet, houmous, fromage, salade…)
- “Assiette” : un peu de tout (pain + conserve + tomate + yaourt… oui, ça compte)
Le critère, c’est : tu peux le faire même quand tu es à plat. Si ça demande trop d’étapes, ce n’est pas un plan B, c’est un plan “culpabilité”.
2) Fais une mini “boîte de secours” (placard ou congélateur)
Tu n’as pas besoin d’un stock énorme. Juste de quoi activer tes 3 repas.
Version placard (zéro effort) : une base (pâtes/riz/semoule), un “liant” (sauce, bouillon, épices que tu aimes), une protéine facile (conserve, œufs), un légume simple (surgelé ou conserve), et un truc “confort” (fromage, yaourt, pain au congélateur).
Version congélateur (encore plus gentil) : un sachet de légumes surgelés que tu aimes vraiment, une portion de quelque chose “à réchauffer”, et du pain/galettes. Le congélateur, c’est ton futur toi qui te laisse un mot : “Je t’ai couvert·e.”
3) Décide à l’avance le “seuil”
Ça m’a énormément aidée d’avoir une phrase claire, parce que sinon je négociais avec moi-même pendant une heure.
Par exemple :
- Si je rentre et que je sens la crise arriver, je prends une option secours.
- Si je n’ai pas la force de faire la vaisselle après, option secours.
- Si je suis irritable et que tout m’agresse, option secours.
Ce n’est pas renoncer. C’est te protéger.
Et la culpabilité ? On la désamorce doucement
Tu sais ce que j’ai arrêté de me dire ? “J’aurais dû cuisiner.”
À la place, je me dis : “Je suis en train de me nourrir.”
Ton plan B n’est pas un échec. C’est un soin. C’est une manière de ne pas te punir quand tu es déjà fatigué·e.
Et côté budget, l’effet est souvent surprenant : quand tu as un plan, tu fais moins de choix “panique”. Tu diminues les achats impulsifs de fin de journée, ceux qui viennent avec ce mélange de soulagement et de regret.
Si tu aimes suivre sans te rajouter une charge mentale, un truc comme Monee peut aider juste pour voir le rythme des repas “secours” et te rassurer. Pas pour te contrôler. Plutôt pour te dire : “Ok, ça arrive, et je gère.” Parfois, voir que tu as un filet de sécurité (même imparfait) enlève une grosse couche d’anxiété.
Le petit win à viser (vraiment)
Pas “je vais cuisiner tous les soirs”.
Juste : je ne me laisse pas tomber quand je suis à bout.
Ton plan B, c’est une permission : tu peux manger simple, sans te justifier, sans te punir, et sans transformer chaque repas en épreuve.
Un tout petit pas pour aujourd’hui : note un seul “repas secours” que tu peux faire sans réfléchir. Start here if this feels hard

